26.8.16

LE PROCHAIN NUMÉRO...

Le prochain numéro de Irisenligne aura deux ou trois jours de retard, pour cause de vacances.

QUINZE ANS !

Quinze ans que Irisenligne existe. Combien de temps encore lira-t-on ici mes chroniques ? Une certitude : cela ne durera pas encore quinze ans !!

PORTRAITS

N'est-ce pas la meilleure manière de rendre hommage à tous ceux qui, depuis cent cinquante ans maintenant, font des iris hybrides ce qu'ils sont aujourd'hui, que de publier quelques photos de leurs œuvres ? Irisenligne va désormais dresser un bref portrait de nombreux hybrideurs de tous pays et offrir à ses lecteurs les plus belles images de leurs iris. 

 XII – Ron Busch 

On n'entend pas beaucoup parler chez nous des hybrideurs de Nouvelle-Zélande. En voici un, et un qui mérite un coup de chapeau particulier. C'est le plus prolifique que son pays ait connu. Il a enregistré 168 variétés (essentiellement des TB) ! Dont la plupart possèdent un nom qui commence pas par « Irwell » ! 'Norma of Irwell' (2008) a obtenu la Médaille de Dykes Néo-zélandaise en 2012.

 En voici quatre, pour se faire une idée.

'Irwell Royal' (1997) 


'Irwell Courage' (2007) 


'Irwell Gambler' (2007) 


'Norma of Irwell' (2008)

ECHOS DU MONDE DES IRIS

PALMARÈS AIS 2016 (suite) 

Le roi des iris médians et nains, à l'heure actuelle, me semble bien être Paul Black. Il est récompensé par deux fois cette année ; notamment avec 'Star in the Night', chez les iris intermédiaires. Déjà sacré « meilleur espoir » (Walther Cup) en 2011, cet iris éclatant en dépit de ses sombres couleurs, confirme son excellence. Chez les iris de Sibérie, 'Ginger Twist', de la paire Schafer-Sacks, se distingue de nouveau après avoir obtenu la Walther Cup en 2012. 


Knowlton Medal (meilleur BB) 'Meerkat Manor' – Kasperek, 2009

 Sass Medal (meilleur IB) 'Star in the Night' – P. Black, 2009 WC 11

Cook-Douglas Medal (meilleur SDB) 'Open your Eyes' – P. Black, 2010

Williamson-White Medal (meilleur MTB) 'Sari's Dance – G. Spoon, 2007

Carpane-Welch Medal (meilleur MDB)'Gecko Echo' – Kasperek, 2008

Morgan-Wood Medal (meilleur SIB) 'Ginger Twist' – Schafer-Sacks, 2009 WC 12

THEME ET VARIATIONS II

En mettant côte-à-côte les photos des dernières variétés signées Richard Cayeux, j'ai été frappé par les traits communs (pour ne pas dire la ressemblance) entre quatre d'entre elles. J'ai essayé de retrouver ce qui les rapprochait, quels étaient leurs points communs, où se situaient leurs différences, en analysant leurs origines.

Cette fois il s'agit de fleurs bicolores, du modèle que l'on appelle amoena, c'est à dire avec pétales blancs ou tendant vers le blanc, et sépales colorés. La couleur des sépales est, dans le cas présent, un bleu ou violet pourpré très vif. C'est un modèle qui est apparu dans la collection Cayeux avec 'Domino Noir' (2012), mais qui résulte d'une évolution amorcée il y a un certain temps. Les variétés en cause, toutes enregistrées en 2015, s'appellent (dans l'ordre alphabétique) 'Fascinant', 'Né dans la Pourpre', 'Pesselières' et 'Terre à Silex'. En voici les descriptions et pedigrees tels qu'ils apparaissent dans les registres de l'AIS:
'Fascinant' = Pétales blanc crémeux infus de jaune ; Sépales violet pourpré, liseré lavande ; barbes jaune d'or, blanc à l'extrémité. (Noctambule sib x Can't Touch This) X ( Ring Around Rosie x Impulsive) ;
'Né dans la Pourpre' = Pétales bleu lavande clair ; Sépales violet pourpré, fin liseré clair ; barbes rouge brûlé. Magnetisme X 06115 A: (03246 A: (01128: (98148 A: (9693 A: (Ruban Bleu x Parisien) x 96217 A: (Deltaplane x (In Town x Night Edition))) x 97165 F: (Chevalier de Malte x Conjuration)) x 0142: (9967: (World Premier x 9648C: (Sixtine C. x unknown)) x Chelsea Bleu)) x Barbe Noire sib)
 'Pesselières' = Pétales blanc grisé clair ; sépales pourpre velouté ; barbes rouille. Magnétisme sib X Ciel Gris sur Poilly ;
'Terre à Silex' = Pétales blanc, fin liseré plicata violet ; sépales pourpre-noir, veines de la même couleur sur plage blanche sous les barbes ; barbes mandarine. ((World Premier x Futuriste) x Starring) X ((Wild Wings x seedling 97-98A) x (Aurélie x Dear Jean)).

Au vu de cette énumération plutôt importante, on est un peu démoralisé ! Où peut se situer le fil qui les relie, s'il y en a un ? Pour compliquer la situation, il me semble nécessaire d'ajouter à ce panel déjà fourni le fameux 'Barbe Noire' (2012) et 'Domino Noir' (2012) cité un peu plus haut.
'Barbe Noire' = Pétales blancs; sépales blancs, large bordure pourpre violacé foncé ; barbes jaune d'or. ((World Premier x 96 48 C) x (Fabuleux x Aurelie)) X Starring
'Domino Noir' = Pétales blancs ; bras des styles blancs, crêtes jaune ambré; sépales noir pur ; barbes or. Magnetisme X 03 79 A: (01 17 A: (Lightshine x 98 169 A) x 01 50 B: (Sixtine C. x Futuriste))
 Nous voilà richement pourvus !

 Surmontons notre découragement et examinons patiemment tous ces pedigrees plus ou moins compliqués. Un premier fil rouge apparaît avec le nom de 'Magnétisme' qui se trouve en première ligne chez 'Né dans la Pourpre', Pesselières' et 'Domino Noir'. Le pedigree de celui-là est (Volute x Conjuration) X Fabuleux. Et ce 'Fabuleux',qui apparaît derrière 'Barbe Noire', est un descendant de 'Deltaplane' (1993), lequel est présent dans les gènes de 'Né dans la Pourpre' ainsi que de 'Ciel Gris sous Poilly' (2011), que l'on trouve chez 'Pesselières', et 'Noctambule' (2005) lequel est dans le pedigree de 'Fascinant'. Ouf !

 On découvre un second lien sous le numéro de semis 9432A qui cache le croisement (In Town x Night Edition) lequel figure chez 'Noctambule' mais aussi chez 'Né dans la Pourpre'. Et un troisième lien apparaît avec 'Aurélie' (2002) qui se dissimule derrière 'Barbe Noire' (et donc, encore, 'Né dans la Pourpre'), 'Terre à Silex' et 'Ciel Gris sous Poilly' qui est le papa de 'Pesselières'.

Il y a encore plusieurs variétés qui ont leur mot à dire dans la parenté des héros du jour : 'Alizés' (J. Cayeux, 1991), 'Chevalier de Malte' (R. Cayeux, 1997), 'Conjuration' (M. Byers, 1989), 'World Premier' (Schreiner, 1998) et surtout 'Starring' (Ghio, 1999) dont on peut jurer qu'il a fourni une bonne partie des gènes en présence dans ces cocktails génétiques que nous étudions aujourd'hui. Car ce sont des fleurs vivement contrastées, dont les pétales essentiellement blancs s'opposent aux sépales non pas noirs, mais d'un violet ou pourpre foncé. 'Starring' est la référence dans ce modèle.

 Il faut dire que les variétés ou semis cités ci-dessus, en dehors de 'Ciel Gris sur Poilly', contribuent tous au but recherché : des iris amoenas fortement contrastés.

Richard Cayeux, en hybrideur hautement professionnel, a parfaitement mené sa barque vers le but qu'il s'était fixé. Les nouveaux iris dont il vient d'être question, chacun avec sa spécificité, sont des fleurs de grande qualité qui font honneur à leur obtenteur et à l'hybridation française en général dont on peut dire qu'elle a retrouvé la place au niveau mondial qu'elle a tenue il y a un siècle et jusqu'au cataclysme de la guerre 39/45.

Autres pedigrees :
'Futuriste' = 8967A: (Alizes x Skating Party) X Deltaplane
'Aurélie' = 97165F : Chevalier de Malte X Conjuration
'Ciel Gris sur Poilly' = (9967A: (World Premier x 9648C) x 99199A: (Fabuleux x Aurelie)) X 01117A: (9690A: (Moon Journey x Deltaplane) x 98104: (96174 x Chateau d'Auvers sur Oise sib)) 'Noctambule' = 9759A: (93127A: (Rebecca Perret x 88175A) x 9538A: (Bal Masque x 91187C: (Astrid Cayeux x Helene C.))) X 96141C: (Futuriste x 9432A: (In Town x Night Edition))
'Fabuleux' = Alizes X 9356A: (Deltaplane x Sierra Grande)
'Magnétisme' = (Volute x Conjuration) X Fabuleux

Illustrations :

 'Fascinant' 


'Né dans la Pourpre' 


'Pesselières' 


'Terre à Silex' 


'Barbe Noire' 


'Domino Noir'

19.8.16

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Dykes Medal : une petite révolution. 

Pour la première fois depuis qu'elle a été créée,la fameuse Médaille de Dykes a été attribuée cette année à un iris de Sibérie. Jusqu'à présent seuls des iris barbus avaient été couronnés. Il ne faut pas s'en étonner outre mesure. Les iris barbus – essentiellement les TB - marquent le pas, depuis de nombreuses années, en matière de nouveauté et de créativité, à l'exception de ce que font trois ou quatre hybrideurs célèbres, tandis que les non-barbus ne cessent pas de progresser. Seul le conservatisme de nombreux juges maintenait la tradition d'une DM pour un TB. Cette lourdeur a enfin été surmontée, et il faut s'en réjouir. Mais saluons aussi les Médailles obtenues par les obtentions de Keith Keppel (encore et toujours!) et de Thomas Johnson chez les grands barbus.Ce sont bien eux les meilleurs dans cette catégorie.


Dykes Medal (meilleur iris de l'année)

'Swans in Flight' – SIB – Robert Hollingworth, 2006




Wister Medal (meilleurs TB de l'année)

'Sharp Dressed Man' – T. Johnson, 2010
'Haunted Heart' – K. Keppel, 2009
'Tuscan Summer' – K. Keppel, 2009

  
 Walther Cup (meilleur espoir toutes catégories)

'Good Morning Sunshine' – T. Johnson, 2014

PORTRAITS

N'est-ce pas la meilleure manière de rendre hommage à tous ceux qui, depuis cent cinquante ans maintenant, font des iris hybrides ce qu'ils sont aujourd'hui, que de publier quelques photos de leurs œuvres ? Irisenligne va désormais dresser un bref portrait de nombreux hybrideurs de tous pays et offrir à ses lecteurs les plus belles images de leurs iris. 

XI – Lawrence Ransom 

L'homme qui aimait les iris. Il vient de disparaître et laisse un grand vide dans le petit monde des iris où il avait une place spécifique, marginale sans doute mais aussi majeure par la qualité de ses obtentions dans toutes les catégories (Arils, SDB, MDB...) Un désir farouche de suivre sa propre voie sans transiger avec le monde qui l'entourait l'a un peu isolé, mais ses iris resteront chers au cœur des vrais amateurs.


'Opéra Bouffe' (1992) TB 


'Benazir' (2007) arilbred 


'Or Noir' (1995) IB 


'Olibrius' (2004) SDB

DE VRAIS ARTISTES

Dans une chronique publiée ici en janvier 2008, et intitulée « Créateurs d'éternité », on pouvait lire ceci : « Tous les hybrideurs se rendent-ils compte qu’en lançant dans le monde un nouvel iris ils créent une nouvelle plante qui, si tout va bien, pourra rester présente pour toujours ?

 Les nouveaux cultivars, une fois qu’ils ont commencé à pousser, ont vocation à exister éternellement. En effet le système végétatif qui est le leur, avec son renouvellement par extension du rhizome originel, ne peut pas dégénérer et se multipliera indéfiniment à l’identique. C’est la raison pour laquelle on peut toujours trouver dans nos jardins des antiquités comme ‘Celeste (Lemon 1858), ‘Ma Mie’ (Cayeux F. 1903) ou ‘Prosper Laugier’ (Verdier 1914), et des centaines d’autres, pieusement conservés par des passionnés comme les animateurs de la HIPS (Historic Iris Preservation Society).

 C’est une lourde responsabilité, en fin de compte, que de se lancer dans l’hybridation. A une échelle infime, créer un nouvel iris c’est modifier un élément du monde végétal. C’est une responsabilité encore plus grande que celle de concevoir un enfant. Car celui-ci, s’il se reproduit, ne le fera pas à l’identique et ne sera lui-même que pour un temps sur notre Terre. A la différence de la nouvelle plante qui défiera les siècles, pour peu que la chance lui laisse la possibilité de croître et de disséminer sur toute la planète des clones d’elle-même, et sera encore présente quand son créateur aura depuis longtemps disparu. »

 L'hybrideur d'iris (comme d'ailleurs l'hybrideur de bien d'autres plantes) rejoint un monde où prospèrent tous les artistes. On peut même dire que son domaine recouvre celui de plusieurs autres. Cela fait de lui un artiste polyvalent particulièrement remarquable.

Son domaine s'apparente à celui du peintre. Comme lui il manie la couleur. L'artiste peintre dépose directement sur la toile ou le papier ce qu'il veut exprimer. L'artiste hybrideur n'a pas cette opportunité. Certes il peut laisser à la nature le choix des couleurs et de leur juxtaposition lorsqu'il effectue un croisement de hasard ou de fantaisie, mais s'il ajoute à son désir de créer une connaissance approfondie de la génétique il dirigera l'action de la nature dans le sens de son ressenti artistique. C'est la différence entre celui qui effectue un croisement simplement par plaisir ou curiosité et celui qui s'est fixé un but précis et qui tente de l'atteindre. Il y a d'un côté ce que fait celui qui attrape un pinceau et barbouille un support et de l'autre ce que prépare celui qui a appris à travailler dans une école des beaux-arts. Le génie artistique joint à la maîtrise technique, c'est le propre des grands hybrideurs comme Joë Ghio ou Keith Keppel. Mais il peut arriver, avec l'intervention de la chance, qu'un croisement empirique donne naissance à un chef d’œuvre.

L'hybrideur tient aussi du sculpteur. Un iris n'est pas seulement une création colorée. La forme de la fleur, son côté ouvragé ou stricte, la disposition des corolles de part et d'autre de la tige, l'élévation de celle-ci, la puissance du feuillage, tout cela s'apparente à la mise en scène d'une statue et du mouvement donné par l'artiste à la matière qu'il travaille. L'action de l'hybrideur, dans ce cas, se place dans la sélection qu'il doit faire parmi les plantes nées de son intervention et fait donc appel en partie à son bon goût et à son sens de l'esthétique, mais aussi à ses connaissances en horticulture. Combien de fois ai-je entendu un obtenteur se désoler des faiblesses végétatives d'une fleur dont la réussite esthétique n'empêchera pas la fin calamiteuse sur un tas de compost !

Avec sa structure ternaire et son feuillage linéaire l'iris est en lui-même une construction, un édifice où le côté rectiligne et sévère de la plante s'apparente aux perspectives des grands immeubles tandis que la grâce un peu lourde des larges fleurs rejoint les ornementations qui agrémentent les façades des palais et les chapiteaux des colonnes. En ce sens, l'hybrideur qui organise tout cela, se rapproche de l'architecte et ajoute une nouvelle dimension à son ouvrage.

Il est sans doute plus subtil d'établir un lien entre musique et horticulture, et pourtant !... Prenez le travail d'un Keppel sur les iris plicatas et la virtuosité avec laquelle il écrit à chaque création de nouvelles variations surprenantes sur un thème primitivement infiniment simple. N'est-on pas en phase avec ce qu'ont fait les grands compositeurs comme Bach, Brahms ou Beethoven ? On pourrait faire le même constat avec le travail de Vernon Wood sur les iris roses ou de Richard Cayeux sur les fleurs bleu-blanc-rouge. Tout le travail de l'hybrideur qui consiste à développer ou à varier une idée de modèle ou de coloris, est assimilable à celui du compositeur dans la variation ou le contrepoint.

Le lien entre hybridation et littérature est sûrement plus difficile à établir car l'émotion littéraire ne passe pas par les mêmes sens. Une fleur concerne d'abord la vue, puis, dans une moindre mesure l'odorat, voire le toucher, alors qu'une œuvre littéraire, prose ou poésie, concerne directement le cœur. Néanmoins l'une et l'autre agissent sur la sensibilité de celui à qui elles s'adressent, ce qui est le fait de tout ce qui est artistique. Cela confirme bien que l'hybridation est un art à part entière et que son côté purement matériel n'est pas différent de celui de n'importe quel autre geste artistique : le ciseau du sculpteur, le pinceau du peintre rejoignent les brucelles de l'hybrideur.

 L'hybridation, on peut le dire, est même un art qu'on peut qualifier de majeur car l'objet créé a vocation à être éternel. Même si l'on sait par expérience que de très nombreuses variétés d'iris n'auront qu'une existence relativement brève, pour des raisons plus matérielles ou économiques qu'artistiques, il n'empêche qu'un cultivar peut, si rien ne vient interrompre sa multiplication et sa dispersion, être encore là dans les siècles des siècles, tout comme les peintures rupestres de Lascaux, les toiles de Velasquez ou les symphonies de Mozart.

Illustrations : 


 'Céleste' (Lemon, 1858) 


'Bewitchment' (Ghio, 2003) 


semis plicata de K. Keppel 


'Séducteur' (R. Cayeux, 2009)

12.8.16

PORTRAITS

N'est-ce pas la meilleure manière de rendre hommage à tous ceux qui, depuis cent cinquante ans maintenant, font des iris hybrides ce qu'ils sont aujourd'hui, que de publier quelques photos de leurs œuvres ? Irisenligne va désormais dresser un bref portrait de nombreux hybrideurs de tous pays et offrir à ses lecteurs les plus belles images de leurs iris.

X – Adolf Volfovitch-Moler 

Un cas à part. Un hybrideur vivant tout là-bas en Ouzbékistan, autrement dit au bout du monde. Malgré cet isolement, il s'est d'abord intéressé à la création de nouveaux glaïeuls avant de se lancer dans les iris. Dans l'un et l'autre domaine, il a réussi à obtenir des variétés intéressantes, malgré la pauvreté de ses moyens matériels. Il est même jusqu'à présent le seul hybrideur des pays de l'Est à avoir remporté un concours d'iris dans le monde occidental (Florence, 1995).


'Autumn Song'(1997) 


'Aziyat' (1995) 


'Ikar' (1992 – DM 1995) 


'Simfoniya' (1992)

LA FOI DU CHARBONNIER

Peut-on faire confiance aux renseignements fournis par les hybrideurs lorsqu'ils enregistrent une nouvelle variété ? C'est la question qu'on peut se poser après la lecture de l'article publié par Keith Keppel dans le dernier bulletin de l'AIS, et intitulé  « Ancestry.Iris ». Avec l'assentiment de l'auteur, en voici une traduction pour les lecteurs d'Irisenligne.

« La recherche généalogique en vue de retrouver les racines des familles est un passe-temps toujours populaire. En tant qu'hybrideur d'iris, vous voulez plus vraisemblablement connaître les racines des parents potentiels que vous envisagez d'utiliser pour votre programme de recherche, repérant leurs ancêtres pour évaluer quels traits ils sont susceptibles de transmettre à la génération suivante. A moins que vous ne soyez simplement curieux de savoir d'où viennent les iris que vous cultivez.

Quelle que soit leur motivation, les irisariens ont de la chance. Je ne connais pas une autre vivace de jardin disposant d'une somme équivalente de renseignements. Dans les années 1920, peu après la formation de l'AIS, a été commencé le travail de compilation d'informations sur les cultivars présents et passés. Maintenant, plus de 90 ans plus tard, il est possible de chercher les renseignements compilés et de bâtir les arbres généalogiques des variétés contemporaines en remontant de 25 générations ou plus jusqu'à l'espèce originelle ! Tout ceci est possible grâce à la prévoyance des fondateurs de la Société et au dévouement des ceux qui ont poursuivi les enregistrements.

 A partir de 1929, pour chaque décade, un volume relié (la check-list) a été publié listant l'information recueillie sur chaque cultivar : Hybrideur, description, notation de la mise éventuelle sur le marché (introduction), ainsi que le pedigree du cultivar, s'il est connu. Le contenu de chaque check-list est compilé depuis les dix livrets annuels (Registrations and Introductions – ou R&I) publiés pendant la décade.

Bien que dans les check-lists il y ait une incroyable masse d'informations, rien n'est jamais parfait. Ceux qui fouillent sérieusement dans les ancêtres d'une famille peuvent trouver que des renseignements manquent ou qu'une information est douteuse (paternité vraie, inconnue ou délibérément falsifiée, comme point de départ !). Vont suivre quelques points à prendre en considération quand on fait une recherche sur un iris.

Par exemple, l'espèce de base utilisée peut ne pas être tout à fait vérifiable. Quelle sorte de I. kashmiriana a été utilisée ? Il y a des plantes avec 24, 44 ou 48chromosomes qui circulent sous ce nom, et en plus on peut spéculer sur ce que les renseignements sur les origines du kashmiriana donné dans la première check-list sont dans l'erreur totale. La référence à « hybride de pumila » notée dans les premiers enregistrements peut être lue comme I. lutescens (chamaeiris) plutôt que comme le véritable I. pumila. D'autres questions se posent de savoir si une plante recueillie dans la nature est la véritable espèce ou un hybride naturel.

Avec les tout premiers iris hybrides, les renseignements peuvent ne pas avoir été notés ou bien les renseignements n'existaient plus quand on a commencé leur recueil en vue de la première check-list. La recherche de publications horticoles ou botaniques, couplée à une abondante correspondance avec les hybrideurs et les pépiniéristes de cette époque, ont donné quelques précisions, mais quand l'hybrideur a disparu il est souvent impossible de retrouver une information. (Avis aux hybrideurs : c'est pourquoi on vous demande une information aussi détaillée quand vous complétez le document d'enregistrement pour vos futures beautés !) Dans quelques cas, les hybrideurs ont pu avoir des réticences à indiquer la parentèle par peur de donner un information à leurs concurrents. Souvenez-vous, cela se passait à une époque où les croisements avaient lieu entre des espèces ou des plantes ayant été obtenues après une ou deux générations seulement : il y avait peu de variations – très peu de couleurs et de modèles – aussi, si quelque chose d'unique apparaissait il pouvait être tentant de garder le secret vis à vis de ses rivaux sur ses « recettes génétiques ». Heureusement, avec nos hybrideurs modernes et des hybrides complexes, dans la plupart des cas il s'agit de croisements tétraploïdes, plutôt que des croisements diploïdes, il y a un choix bien plus grand de possibilités de semis. La culture du secret est plutôt inconnue.

Malheureusement il est toujours possible de discuter de la falsification d'une information. Un hybrideur bien connu indiquait de faux parents pour beaucoup de ses introductions, et sur une période de plusieurs décades. Étudiant et analysant cette partie de ses enregistrements, qui existent toujours, on peut rétablir la véritable parenté de quelques uns, affirmer la légitimité d'autres, constater l'illégitimité de certains et ne pas être certain du reste. Il apparaîtrait que certains pedigrees ont été « mis à jour » pour les faire paraître plus complexes, plus récents ou plus vendables, tandis que d'autres ont été truqués pour retirer tout crédit parental à des variétés en provenance d'hybrideurs avec lesquels il était en concurrence.

 Les variétés utilisées dans un croisement peuvent elles-même être mal nommées. Pendant que j'étais greffier (registrar), j'ai posé une question à propos du nom d'un parent listé dans un questionnaire, il ne correspondait au nom d'aucune variété enregistrée. L'hybrideur m'assurait que le nom était correct... il m'a en fait envoyé la liste de ce qu'il avait acheté chez un marchand de bulbes bien connu. Il y avait six variétés, et pas une seule avec un nom régulièrement enregistré. (Noms de semis ou de variétés rebaptisés pour des raisons commerciales ?). Quand vous recherchez un enregistrement, sachez qu'un nom entre guillemets n'est pas considéré comme un nom enregistré de façon valide.

Il vaut beaucoup mieux pour un hybrideur dire qu'une parenté est inconnue plutôt que de mentir. Le manque de parenté n'interdit pas à un iris d'être enregistré, introduit sur le marché et éligible pour les honneurs. 'Stepping Out' (Schreiner,1964) a remporté la Médaille de Dykes en 1968, mais ses parents sont inconnus à cause d'un poulet qui est allé dans la planche de semis et a gratté un certain nombre d'étiquettes. Il provient d'un croisement enregistré, mais lequel ? Il y avait beaucoup trop de possibilités pour en designer seulement une.

 Des animaux peuvent souvent être le problème d'un cas de manque de parenté. Des oiseaux arrachent les étiquettes dans une planche de semis. Des escargots ou des limaces mangent le papier des étiquettes, ou bien des oiseaux les retirent des tiges peut-être en les confondant avec des papillons en vol. 'Flora Zenor' (J. Sass,1941), important iris rose historique est de parents inconnus parce qu'une sauterelle a grignoté son étiquette. Des corbeaux arrachent et mélangent des jeunes semis ( peut-être parce qu'ils s'imaginent qu'il y a un grain à la base de ce qu'ils prennent pour un jeune pied de maïs) ; les jeunes hémérocalles peuvent connaître le même destin. Jim Gibson a eu une année de nombreux croisements mélangés quand Go-Go, son chat, a sauté sur la table et renversé les caissettes où les graines étaient à sécher. Un mouton à la longe s'est égaré à Melrose Gardens et a traîné sa chaîne sur une planche, brisant les tiges des semis.

Vous pensez qu'on vous a tout dit ? Des enregistrements de Blodgett sont inconnus parce que quelqu'un s'est introduit dans un hangar et a volé une boîte à outils qui, au lieu d'outils, contenait le carnet d'enregistrement. Et un jour Neva Sexton a posé un de ses carnets d'enregistrement sur le pare-choc de sa voiture, et elle avait oublié ça quand elle est partie pour Bakersfield.

Une source d'erreur dans les enregistrements peut survenir si des graines sont plantées dans un sol ayant servi précédemment pour d'autres semis. Orville Fay racontait qu'il avait vu des iris noirs fleurir au milieu de croisements roses de Dave Hall. Il es notoire que les graines d'iris noirs mettent longtemps à germer et que des plantes peuvent apparaître après plusieurs années.

Prendre note des croisements peut être une corvée pour de nombreux hybrideurs, comme le dit Larry Gaulter dans une de ses lettres : « Désolé, je suis tellement négligent dans la notation de mes propres croisements. Après tout les croisements me semblaient plutôt matière à plaisir et je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait représenter après des années de travail sur une lignée. Prendre des notes n'a jamais été ma tasse de thé. »

Il faut noter que des erreurs se glissent plus volontiers ( et sont plus difficiles à détecter et à corriger) quand on travaille avec de nombreux semis plutôt qu'avec des variétés identifiées. La dyslexie n'est pas rare, et avec l'âge peut survenir une conjugaison d'erreurs par confusion et perte d'une bonne vue. Il peut aussi y avoir des erreurs typographiques dans n'importe quel texte à imprimer.

Tout bien considéré, les recueils d'informations sur les enregistrements sont une source incroyable d'information et de réjouissance. Amusez-vous bien ! »

Soit, on peut suivre le conseil de Keith Keppel : il sait de quoi il parle puisqu'il a été responsables des enregistrements pour l'AIS pendant de longues années au cours desquelles il s'est acquis la reconnaissance et le respect des hybrideurs du monde entier. Peut-être restera-il néanmoins un certain doute dans l'esprit des obtenteurs procédant à l'enregistrement de leurs variétés. Et le doute pourrait également s'insinuer dans leur esprit quand ils choisissent les parents de leurs futurs croisements. Mais à mon avis ces craintes n'ont guère lieu d'être car elles ne pourraient concerner que de très peu nombreuses variétés et il n'est pas nécessaire d'avoir la foi du charbonnier pour croire à la sincérité des informations contenues dans les enregistrements des check-lists ou, aujourd'hui, des données informatiques de « Irisregister ».

 Illustrations : 
  

 'Bandeira Waltz' 


'Flora Zenor' 


'Lighted Within' 


'Spiced Cider'

5.8.16

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Moscou 2016 

La Société Russe des Iris organise chaque année une compétition internationale qui se tient à Moscou. Cette année le vainqueur a été 'Island of Luck' (Loktev, 2011), devant 'Just a Dream' (Loktev, 2010). Une prochaine chronique fera le point sur cette compétition depuis sa création.


'Island of Luck' (Dolce Aqua X Queen Circle) 


'Just a Dream' (Vienna Waltz X Velikolepny)

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Lawrence Ransom 

Lawrence Ransom est décédé brusquement le 31 juillet 2016. Il avait 62 ans. L'annonce de cette disparition me peine sincèrement. J'ai toujours eu pour cet amoureux des iris et obtenteur de premier plan une sympathie qu'un caractère bourru et entier n'a jamais tempéré. Le monde des iris a perdu un de ses meilleurs créateurs, malheureusement connu seulement par les collectionneurs les plus avisés. Je réitère à sa famille toutes mes condoléances.


Photo prise par son frère Martin, quelques heures avant sa mort

PORTRAITS

N'est-ce pas la meilleure manière de rendre hommage à tous ceux qui, depuis cent cinquante ans maintenant, font des iris hybrides ce qu'ils sont aujourd'hui, que de publier quelques photos de leurs œuvres ? Irisenligne va désormais dresser un bref portrait de nombreux hybrideurs de tous pays et offrir à ses lecteurs les plus belles images de leurs iris. 

IX – Bee Warburton

Originaire de Boston, cette enfant de la bourgeoisie de Nouvelle Angleterre a travaillé comme secrétaire médicale, puis elle a suivi la carrière de son mari. Quand elle a eu une maison à elle, elle a choisi d'y cultiver les iris nains parce qu'elle voulait quelque chose de petit et qu'elle puisse obtenir de ses propres mains. Au fil des ans elle est devenue une sommité en matière d'iris et a acquis la célébrité en étant la co-rédactrice de « The World of Irises ». En matière d'hybridation, elle est surtout connue pour ses très nombreux SDB, catégorie dont elle a été l'une des principales obtentrices.

'Brassie' (SDB – 1957) 


'Maroon Caper' (IB – 1963) 


'Stockholm' (SDB – 1971) 



'Open Sky' (SDB – 1975)

JARMILA

Voici la photo qui n'a pas pu être publiée la semaine dernière

BLANCHE-NEIGE AU-DELÀ DU RHIN

En complément de la chronique de Milan Blazek, récemment publiée, j'ai voulu faire un petit tour d'Europe parmi les iris blancs à barbes rouges.

Dans le conte de Grimm, la méchante reine interroge son miroir magique pour savoir si elle est vraiment la plus belle. Et le miroir lui répond : “Grande est ta beauté, majesté, mais lèvres rouges comme la rose et blanche comme neige, elle est plus belle que toi !” Et le drame est amorcé. L'histoire des iris blancs à barbes rouges est, heureusement, moins tragique. Elle n'est pas non plus celle d'un modèle particulièrement recherché et même dans son pays d'origine, l'Allemagne, Blanche-Neige n'est pas souvent présente.

L'exemple de Milan Blazek et de son 'Jarmila' n'a pas beaucoup inspiré les obtenteurs est-européens. Alors que la production d'iris, grands et petits, a véritablement explosé à partir de la chute du mur de Berlin, celles des blancs à barbes rouges est restée très minoritaire. J'ai parcouru la liste de tous les grands iris enregistrés originaires d'Allemagne et de République Tchèque, Slovaquie, Pologne, Slovénie, Lithuanie, Ukraine et Russie, depuis 1990 jusqu'à aujourd'hui – et cela n'est pas un petit boulot ! - et je n'en ai trouvé qu'un peu moins d'une trentaine. Une misère !

Voyons ça par ordre d'ancienneté. Selon ce critère, le premier serait 'Viktor Driagin' (Irina Driagina, 1977) venu directement de 'Christmas Time', puis 'Slahacka' (Adamovic 1985) - (Buffy x Silver Shower) x Frivolous Idea). Dans ce cas l'origine est chez 'Silver Shower' (Schreiner 1973) et, par cette variété très utilisée par les hybrideurs de tous pays, surtout, d'ailleurs ceux de l'Est, chez l'incontournable 'Arctic Flame'. Viennent ensuite les obtentions de Ladislaw Muska, un pionnier, avec 'Carrara Lace' (1995) et ses descendants 'Monte Albano' (1999) et 'White Silence' (1999) puis 'Bridesmaid's Lace' (2006), l'un des derniers enregistrements de son auteur. Tous ont pour ancêtre 'Silver Shower'. On ne sait pas trop quand Madame Miroshnichenko a obtenu 'Zimneye Utro', ni d'où celui-ci provient puisqu'il n'a jamais été enregistré (c'est un mal très fréquent dans cette partie du monde, héritée du temps des Soviets). Cela doit se situer dans les années 1980. Le russe Viacheslav Gavrilin, un stakhanoviste de l'enregistrement, est le plus prolifique des obtenteurs d'iris blancs à barbes rouges. Il s'est créé sa propre lignée, toujours à partir de 'Silver Shower', et a mis sur le marché au moins cinq variétés de ce modèle, avec, notamment 'Severnaya Orchideya' (1999) pour lequel il a, pour faire bonne mesure, croisé 'Silver Shower' et 'Christmas Time'. Un autre obtenteur russe, Boris Pravdyvy, toujours en 1999 a enregistré 'Ganna Shekera', issu du croisement (Silver Shower X Vanity). On arrive rapidement aux années 2000, au cours desquelles quelques nouveautés sont apparues, dont 'Majski Sneg' (Izidor Golob, 2006) au pedigree original ((Coral Chalice x Theatre) X “Irenka”, cette 'Irenka' étant un semis de Milan Blazek non enregistré (1). Notons aussi 'Poliarnaya Zvezda' (N. Rebro, 2006) et son frère de semis 'Illiuziya' (2006), tous deux obtenus dans lesud du pays, à partir de (Celebration Song X Mesmerizer), un croisement dont ce modèle n'était certainement pas attendu. Ce qui est aussi le cas pour 'Sidimi' (Gavrilin, 2005) qui provient de (Sostenique X Outrageous Fortune) si l'on en croit le pedigree déclaré. 'Kafel' (Gavrilin, 2006) descendrait, quant à lui de 'Coral Joy' (Niswonger, 1989) qui n'est pas tout à fait dans les clous puisque fortement teinté de corail aux épaules. Quant à Viktor Sholupov, de la région de Krasnodar au pied du Caucase, il a présenté 'Blagorodny Olen', blanc à barbes rouges agrémentées d'éperons bleus venus de 'Conjuration' ; ce 'Blagorodny Olen' a servi de parent à deux frères de semis : 'Pyshnyye Usy' (2005) et 'Russkaya Zhenshchina' (2006) qui ont pour mère 'Alabaster Unicorn' (G. Sutton, 1996), blanc à barbes jaunes. De Pologne, toujours en 2006, est venu 'Sniezka' (Z. Kilimnik), aux origines vraisemblables ((Buffy x Silver Shower) X Acoma). Pour faire bonne mesure, citons 'Bely Nosorog' (Vladimir Osipenko, 2008) qui présente l'originalité d'être le fils de 'Ah, Ça Ira', variété « révolutionnaire » de la famille Anfosso. Passons en Ukraine, chez Aleksander Trotsky pour découvrir 'Sokrovishche Olvii' (2009) qui vient de 'Society Page', un joli rose pâle de Ghio (1980). Plus à l'Est, Olga Riabykh, prolifique et talentueuse obtentrice, a produit 'Balny Tanets' (2013) en croisant 'It's Magic par 'Gypsy Lord'. Viktor Manannikov, de son côté a mis sur le marché 'Sretenka'(2014), qui ne nous dit rien de ses origines (parents inconnus). Un mot, maintenant, de l'hybrideur allemand Manfred Beer qui a enregistré 'Anke' (2012). Cette variété présente l'originalité d'être issue de deux blancs à barbes jaunes : 'Blanket of Snow' (T. Johnson, 2006) et 'Ernst-Braeunlich-Gedenkiris' (Landgraf, 2002). Pour terminer, n'oublions pas de passer par la Lithuanie ou Laimonis Zakis, dans son isolement, a créé deux jolies choses : 'Sargengelis' et 'Zelta Sirds', variétés dont on ne sait rien car malgré les demandes réitérées des irisariens occidentaux, elles ne sont toujours pas enregistrées.

Cette énumération hétéroclite donne une idée de ce qui s'est fait à l'est du Rhin, et montre que les hybrideurs allemands, pas plus que leurs confrères tchèques, n'ont été tentés par le modèle blanc à barbes rouges ; leurs iris blancs ont plutôt des barbes blanches ou jaunes. Slovaques et russes n'ont pas fait beaucoup mieux : les plus productifs, comme Sergeï Loktev, ne figurent même pas dans la liste ci-dessus qui n'est pas complète mais présente tout de même une grande partie des obtentions analysées. D'ailleurs si l'on ajoutait les obtentions françaises et italiennes, on n'aurait pas de meilleurs résultats. Quelle conclusion tirer de ce constat ? Sans doute qu'il ne s'agit pas d'un modèle apprécié en Europe au même niveau qu'aux États-Unis.

 (1) Jusqu'à la chute du rideau de fer les rares obtentions de téméraires hybrideurs des pays de l'Est ne pouvaient pas être enregistrées. 

 Illustrations : 


 'Balny Tanets' 


'Majski Sneg' 


'Slahacka' 


'Sokrovishche Olvii' 


'Zelta Sirds' 


'Zimneye Utro'

31.7.16

PORTRAITS

N'est-ce pas la meilleure manière de rendre hommage à tous ceux qui, depuis cent cinquante ans maintenant, font des iris hybrides ce qu'ils sont aujourd'hui, que de publier quelques photos de leurs œuvres ? Irisenligne va désormais dresser un bref portrait de nombreux hybrideurs de tous pays et offrir à ses lecteurs les plus belles images de leurs iris.

VIII – Nina Miroshnichenko

On ne peut pas parler de l'essor de l'iridophilie dans les pays est-européens et en Russie sans évoquer Nina Miroshnichenko. En effet, bien avant le chute des régimes totalitaires et l'ouverture vers l'ouest de ce qui fut l'URSS et ses satellites, elle avait consacré une grande partie de sa vie à l'hybridation de bulbeuses et d'iris. Les circonstances ne lui ont guère permis d'entrer en contact avec les quelques autres amateurs d'iris de l'empire soviétique, elle est donc restée un franc-tireur de l’hybridation. Elle a poursuivi pendant de nombreuses années, son petit chemin d’amatrice éclairée. Prenant soin de se tenir à l’écart des événements qui ont marqué les années staliniennes puis brejneviennes, elle hybridait uniquement pour son plaisir.

 Quatre photos donnent une idée de son travail original :


'Feodor Chaliapin' (NR)

'Sedmoye Nebo' (NR)

'Sladky Gregh' (NR)

'Soloviniaya Noch' (NR)