20.10.17

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Cent trente six ! 

Cent trente six, c'est le nombre de nouvelles variétés, toutes catégories confondues, qui ont été enregistrées par la SFIB en 2017. Jamais les obtenteurs français ne se seront autant lâchés. Est-ce un bien ? Autant je me plaignais de la pusillanimité de mes compatriotes quand ils n'osaient enregistrer qu'une variété par-ci par-là, autant je m'interroge à propos d'une telle quantité de nouveautés. En revanche je remarque des cultivars qui, en photo du moins, sont d'une grande élégance.

A noter que ne figurent pas dans la liste les nouveautés de la Maison Cayeux, ni celles, éventuelles, de Michèle Bersillon.

Iconographie : 



'Charlie Forever' (Raffaelli) 


'Impulsion' (Jacob) 


'Princesse Mylena' (Laporte) 

'Rose de Porcelaine' (Habert) 


'Seed of Love' (Balland)

DANS LA COURSE

Maintenant que les résultats de la plupart des compétitions organisées en 2017 nous sont connus, il est temps de faire le point sur le sort des variétés françaises qui ont été mises dans la course.

 Commençons par le concours FRANCIRIS ©.

En 2015 le grand vainqueur avait été Richard Cayeux, avec 'Barbe Noire' (2012). Cette année, le mieux classé des iris Cayeux (et français) a été 'Cigarillo' (2014), à la sixième place. A la neuvième se trouve un semis de Jean-Luc Rémy, 157-G, pas encore enregistré. La douzième place ex-aequo est revenue à 'Aime Bay' (Boivin, 2015) et 'Matingale' (Cancade, 2014). La chance n'était pas cette année avec les hybrideurs français...

Concorso Firenze n° 59.

Pas de récompenses pour les iris français. Il y a cependant deux semis de Michèle Bersillon qui ont été remarqués, ainsi 09-44A.

US Competition. 

Parmi les distinctions accordées aux Etats-Unis on peut saluer la HM qui est revenue à une autre variété de Michèle Bersillon : 'Tootsie Roll', un BB de 2015. La présence d'une variété française dans la compétition américaine est tout à fait exceptionnelle car nos compatriotes ne sont pas bien distribués là-bas. Mme Bersillon a eu l'opportunité d'être commercialisée par la pépinière Stout Gardens, cela lui a été profitable.

München Bewertung.

Nouvelle place d'honneur pour 'Cigarillo' (Cayeux, 2014). Les autres concurrents français ne se trouvent pas sur les podiums (il y en a deux, à Munich).

Compétitions russes. 

Pas de résultats connus pour l'instant.

Ce palmarès, en demi-teinte comme on dit dans les journaux, ne veut pas dire que les iris en compétition n'étaient pas à la hauteur. Il n'y a qu'à voir la liste des variétés non classées au concours FRANCIRIS© pour se rendre compte que des champions avérés n'ont pas eu plus de réussite ! Les conditions de concours ont été très particulières ce dernier printemps.

Iconographie 

'Cigarillo' 

semis 157-G Rémy 

'Martingale' 

semis 09-44A Bersillon 

'Tootsie Roll'

CULTURE DES IRIS AVEC FILM DE PAILLAGE (texte de Stéphane Boivin)

Pourquoi utiliser des films de paillage ?

La culture des iris en plein champ est soumise à une problématique ardue : la gestion des mauvaises herbes. Cette problématique est bien plus complexe en plein champ que dans les jardins de ville. En effet, les prés environnants complexifient cette problématique en amenant des graines supplémentaires. (aigrettes de pissenlit par exemple). D’autre part, la mise en culture de ce qui fut un pré n’est pas un avantage car cette terre contient des milliards de graines, notamment de graminées. Comment faire quand on ne veut pas utiliser de désherbant ?

A partir d’avril, s’il pleut régulièrement, il faut désherber toutes les 3 semaines. Ainsi, avec une bordure de 25 mètres de long sur un mètre de large, il faut pour une personne seule environ 2 heures et demi pour un désherbage ! A ce rythme il faut recommencer quand on a fini 10 bordures. Bref, la majorité du temps est consacrée entre avril et octobre à cette tâche monotone et inintéressante.

 Au mois de mars 2017, j’ai décidé d’essayer une nouvelle technique de production. Je propose de vous en donner un premier retour.

Nous avons tendu une toile noire d’épaisseur 17 et 25 microns, non biodégradable, perforée, qui permet à l’eau de ne pas stagner sur une partie du film. La durée de vie de cette toile, est d’une année environ mais son coût est bien moindre que celui d'une toile biodégradable. La mise en place de cette toile nécessite une certaine technique. La toile tendue a une largeur de 140 centimètres. Elle est plaquée au sol grâce à de la terre qui la recouvre sur chaque côté, puis 2 toiles vertes de paillage sont tendues de part et d’autre du film noir. La largeur disponible de la bordure est donc de un mètre. Si l’opération est bien faite, la couverture est constituée de 3 toiles : un film noir entouré de 2 toiles de paillage, sans quasiment aucune trace de terre. Les toiles de paillage sont tenues au sol par des sardines, plantées tous les 2 mètres environ. Cela veut dire que le film noir est tenu à la fois par le poids de la terre mais aussi par les sardines qui transpercent les 2 toiles.

Il ne reste plus qu’à planter les iris. Pour cela, aux ciseaux, un morceau de bâche, sous forme de rond, est découpé. La grosseur du trou est fonction de la taille du rhizome à implanter. Il est plus petit s’il s’agit d’un semis à repiquer. Pour les semis, j’effectue 4 trous par ligne dans la largeur. Pour les rhizomes adultes, il n’y a que 3 trous par ligne. Il faut profiter que la terre est légère pour implanter facilement les iris.

 Avantages et inconvénients 

Cette technique présente les avantages suivants :
- Elle empêche la croissance des mauvaises herbes ; Elle améliore la productivité ; Le maintien de la structure du sol dans la zone couverte assure un développement supérieur des racines et une prospection plus importante de celles-ci ;
- Elle garantit une meilleure régulation du taux d’humidité au niveau des racines en limitant l’évaporation assurant ainsi une alimentation continue à la plante ;
- Elle limite l’amplitude thermique entre le jour et la nuit ;
- Elle augmente la fertilité du sol car on observe une nitrification favorisée par l’absence de lessivage et une élévation de la température.

Après 3 mois de recul, j’ai observé :
- Des feuilles plus vertes ;
- Un recul significatif de l’hétérosporiose ;
- Un dédoublement plus rapide ;
- Un meilleur état sanitaire que celui des rhizomes non bâchés.

 Je vois également d’autres avantages :
- L’arrosage. Il est ciblé : il suffit de verser l’eau dans le trou, évitant ainsi une déperdition de la majorité de l’arrosage comme c’est le cas dans la culture sans bâches ;
- L’engrais est jeté dans chaque trou, ce qui assure que la quasi-totalité de l’apport bénéficie à l’iris. Il est possible de diminuer l’apport, de l’optimiser dans le temps, et donc de faire des économies ;
- Le désherbage est limité, rapide et sa fréquence est moindre.

Mais je vois aussi les limites de cette technique :
- Pour le jardin d'un simple collectionneur, elle peut être délicate à mettre en œuvre ; notamment pour ce qui est du renouvellement annuel des bâches ;
- Dans les sols trop argileux, les bâches vont-elles accroître les risques de pourriture en augmentant le taux d’humidité autour du rhizome ?
- L’obligation de réimplanter tous les ans est plus contraignante dans les sols caillouteux ou en pente ; - Dans des zones septentrionales, les bâches peuvent constituer un habitat protecteur pour les gastéropodes.

L’entretien après la réimplantation 

Lorsque le rhizome grossit, le trou peut devenir trop petit et confiner l’iris. Il faut, alors à la main, ou avec de petits ciseaux augmenter la taille du trou, afin de permettre aux pousses latérales et à l 'avant du rhizome de bien s’épanouir. Pour le reste, pas grand-chose à faire. On peut arroser si le temps est sec. On peut enfin, avant l’hiver, couper et ôter les feuilles mortes ou tachées. C’est du bichonnage.

13.10.17

LA FLEUR DU MOIS

‘LUNE BLEUE’ 
(Michèle Bersillon, 1999) 
('Edge Of Winter' X 'Pledge Allegiance'. ) 

En 2005, Michèle Bersillon m'a offert un rhizome de 'Lune Bleue', une variété que j'avais admirée chez elle, dans son petit jardin de Nevoy, près de Gien, et au pied de la centrale nucléaire de Belleville. L'intérêt que je porte à cet iris ne se dément pas, et chaque fois que je vois ses jolies fleurs bleues, j'éprouve un vif plaisir. J'aime sa taille modeste, son allure distinguée et sa couleur reposante. Même si nous ne sommes plus en relation, j'apprécie le travail d'hybridation de Michèle Bersillon, qui a bien du mérite puisqu'elle ne dispose que de peu de place pour cultiver ses semis.

La description officielle de ce 'Lune Bleue' est la suivante : « Standards and style arms lavender blue ; falls white, lightly tinted lavender blue ; beards white and pale blue ; heavily waved, falls horizontal ; slight fragrance. » Que je traduis par : Pétales et bras des styles bleu lavande ; sépales blanc, légèrement teintés de bleu lavande ; barbes blanc et bleu pâle ; généreusement ondulé, sépales horizontaux ; léger parfum. Cela dit toute la grâce délicate de cette fleur. Elle pourrait être banale, des bleus lavande, il y en a tant! Mais ce n'est pas du tout le cas. Elle a la légèreté d'un papillon et la douceur d'un carré de soie. Et c'est amoena inversé, ce qui lui confère une certaine originalité.

Quand on examine son pedigree, on comprend d'où cet iris tire ses traits. 'Edge of Winter' (Schreiner, 1983) est une des variétés les plus connues de la Maison Schreiner. Il date du temps où cette illustre entreprise ne se contentait pas de produire des iris parfaits mais plus commerciaux qu'intéressants du point de vue horticole (elle est revenue, maintenant, de cette politique). C'est un amoena inversé qui, par 'Blue Fantasy' (Branch, 1958) et 'Wide World' (Cook, 1953) remonte aux origines même du modèle. 'Pledge Allegiance' (Schreiner, 1983) est un contemporain du précédent et reste aujourd'hui parmi les plus beaux iris bleus. C'est une fleur parfaite, qui a eu de très nombreux descendants, chez Schreiner et chez d'autres aux USA, en France et en Europe de l'Est. 'Edge of Winter' et 'Pledge Allegiance' sont des parents de tout repos, bien propres à engendrer des iris de grande qualité. Pour Michèle Bersillon, ce fut un croisement fructueux puisque deux autres amoenas inversés en sont issus : 'Coeur d'Hiver' (2000) et le BB 'Petit Frère' (2006).

'Lune Bleue', comme ses frères de semis n'a pas encore de descendance.

'Lune Bleue' et sa fratrie ne sont pas les seuls amoenas inversés de la production Bersillon. 'Avant Première' (2008), 'Endimanché' (2008), 'La Part des Anges' (2008), descendants de 'Fogbound', peuvent être classés dans ce modèle. Ce sont tous des fleurs d'une grande élégance.

Comme on dit de certains livres qu'ils sont des « romans de femme », on peut dire des iris de Michèle Bersillon qu'ils sont des « iris de femme » ! C'est un compliment qui laisse entendre qu'il s'agit d'oeuvres qui cachent, sous des dehors élégants, voire quelquefois fragiles, une force que l'on ne soupçonne pas du premier abord.

Il est, à mon avis, bien dommage que ces iris de charme ne prennent pas la place qu'ils méritent au sein de la production française, une production en pleine expansion dont on ne peut que se réjouir.

Iconographie :

'Lune Bleue'

'Edge of Winter'

'Pledge Allegiance'

'Avant Première'

LES IRIS DE GLENN CORLEW

Beaucoup moins connu que Joseph Gatty ou Vernon Wood, Glenn Corlew est, comme les deux autres, un spécialiste des iris roses. L'essentiel de sa production a en effet été consacré à cette couleur tendre et si fortement appréciée. Mais en plus de cette spécialité, il a acquis une certaine célébrité avec ses photographies, et, bien entendu, ses photos d'iris. La base de données IRIS ENCYCLOPEDIA de l'AIS rassemble un certain nombre de ces images et nous allons en publier le plus grand nombre en hommage à cet homme de goût. Ce sont des diapositives qui ont un peu vieilli, elles ont pris une teinte un peu rosée, mais puisqu'il s'agit majoritairement d'iris roses, cela n'est pas désagréable. 

On remarquera que ces variétés, dont la date de naissance s'étend sur plus de 20 ans, en plus d'un fort air de famille, conservent d'un bout à l'autre une remarquable continuité d'allure. Le temps n'a pas eu de prise sur le travail de Glenn Corlew. 

VII – Septième semaine

'Kimzey' (1966) 'Valimar' X (( 'Snow Flurry' x 'Pink Formal') x 'Frost And Flame') 


'Murmuring Morn' (1969) 'Signature' X 'Cool Flame'. 


'Passionate' (1974) (('Signature' x 'Flaming Heart') x 'Pretty Poise') X 'Cherub Choir' 


'Portrait' (1972) 'Rococo' X 'Diplomacy'

ECHOS DU MONDE DES IRIS


Du neuf. 

Mid-America Iris Garden, la pépinière de Paul Black et Tom Johnson, a mis sur Facebook la photo ci-dessous d'une de ses obtentions récentes. Un modèle totalement inconnu dans le monde des grands iris. Cela fait plaisir de découvrir quelque chose de franchement neuf. Depuis l'apparition du modèle distallata, cela ne s'était pas produit.

OEUVRE AU NOIR

La nature sait très bien concevoir des fleurs toutes blanches, mais elle n'a pas de prédispositions pour en fabriquer des noires. Ce n'est pas étonnant. Il ne faut pas perdre de vue que la nature est essentiellement préoccupée par la reproduction. Elle met tout en œuvre pour permettre ou faciliter celle-ci. Les fleurs sont des organes sexuels et àce titre elles se doivent d'être séduisantes. Cette séduction concerne essentiellement les vecteurs de la reproduction, et particulièrement les insectes qu'il faut attirer absolument. Elles se mettent en quatre pour cette tâche. Et qu'y a-t-il de plus attirant que des couleurs vives, chatoyantes ? Le noir ne répond ps du tout à ce but : les insectes soit ne le distinguent pas, soit s'en détournent. Les fleurs noires n'ont donc pas lieu d'exister et celles des iris ne font pas exception à cette règle. Mais justement parce que cela n'est pas naturel, bien des hybrideurs se sont donné pour but d'obtenir des fleurs noires. Leur route a été semée d'embûches mais rien ne les a arrêtés ! Leur acharnement vaut celui des alchimistes qui ont régulièrement passé toute leur existence à tenter d'obtenir cette matière mythique, l'oeuvre au noir, cuisant et recuisant, distillant et redistillant leur mixture.

Pour nous limiter à l'essentiel, on peut dire, comme c'est raconté dans « The World of Irises », que l'oeuvre au noir chez les iris a eu trois initiateurs :

 - Le premier, et le moins connu, est le colonel Jesse Nicholls,. Cet officier supérieur était aussi savant en art militaire qu'en horticulture et en particulier en celle des iris. Son aventure commence avec 'Valor' (1932), un bitone aux sépales tirant sur le bleu noir. Nicholls, en bon horticulteur, a aussitôt tenté d'approfondir le côté sombre de son iris en le croisant avec un autre bleu-noir, 'The Black Douglas' (Jacob Sass, 1934). 'Black Valor' (1938) est le résultat de ce croisement. Comme il se doit c'est un bleu-noir profond. Fort de ce résultat, Jesse Nicholls a poursuivi en croisant de nouveau 'Valor' avec un descendant de 'Alcazar' et 'Souvenir de Mme Gaudichau'. Deux variétés bien sombres en ont été sélectionnées : 'Mata Hari' (1936) et 'Smolder' (1937). Unis, ces deux iris ont donné 'Storm King' (1939) décrit comme « A self color. Very deep blackish purple with red underglow » soit « Un iris unicolore, d'un violet-noir très profond, tirant sur le rouge ». Cet iris fut très admiré, comme en témoigne l'appréciation parue dans le Bulletin de l'AIS de l'été 1940 : « 'Storm King', is one of the smoothest and best dark iris I have ever seen », en français « 'Storm King' est un des iris sombres les meilleurs et les plus veloutés que j'ai jamais vu».
 - Passons à l'action d'un major de l'hybridation, Paul Cook. Son coup de génie, c'est d'avoir introduit les gènes de I. aphyla dans le patrimoine des grands iris. Il avait compris que ces petits iris de montagne avaient, entre autre, le pouvoir d'approfondir les couleurs et particulièrement celles des fleurs sombres. Cela lui a demandé plusieurs générations, mais un jour est apparu 'Sable' (1936) qui fut qualifié de « The Black Iris », dès qu'il fut commercialisé.Un nouveau pas était franchi.
 - Ce sont les Schreiner qui se situent sur la troisième marche du podium. C'est vrai chronologiquement, mais c'est peut-être la première marche qui devrait leur être attribuée. Ils ont eux aussi profité des aptitudes de I. aphyla puisque 'Dymia', la mère de 'Black Forest' est considéré comme provenant de cette espèce. « Ce 'Black Forest' (1944), en association avec 'Storm King' et 'Sable' forme le triumvirat qui est à la base de toute la recherche moderne sur les iris noirs » (The World of Irises).

Après ces premiers pas exaltants, la progression vers le noir vraiment noir a été poursuivie par Orville Fay à qui l'on doit 'Gulf Stream' (1945), puis, surtout, 'Black Hills' (1950), 'Total Eclipse' (1952) et 'Black Swan' (1960) ; chez ces quatre variétés sont rassemblés tous les cultivars cités au paragraphe précédent. Quelques autres ont suivi. Notamment Walter Luihn -'Dusky Dancer' (1966) -, Jim Gibson – 'Opening Night' (1969) - , Ben Hager – 'Basic Black' (1970) - , Gordon Plough -'Interpol' (1972) - , tandis que les Schreiner poursuivaient leur chemin – 'Tuxedo' (1964) - , 'Superstition (1977) - ,'Swazi Princess' (1978) -. Leur travail fut assez semblable à celui des alchimistes puisqu'il a consisté à renforcer la couleur et améliorer la plante par croisements successifs.

Les améliorations ont été surtout flagrantes au cours des années 1980 au cours desquelles sont apparus 'Black Madonna' (Stahly, 1984), 'Back in Black' (Schreiner, 1986), 'Blackout' (Luihn, 1986), 'Black Orpheus' (Schreiner, 1987), 'Before the Storm' (Innerst, 1988), pour n'en citer que quelques-uns. Aujourd'hui les hybrideurs américains ne sont pas loin d'avoir atteint une saturation du noir parfaite : 'Here Comes the Night' (Schreiner, 2009).

En France c'est essentiellement la famille Anfosso qui s'est collée à la tâche d'obtenir des iris noirs made in France, en appliquant les mêmes procédés que leurs confrères américains. 'Calamité' (1980) ('Basic Black' X 'Dusky Dancer'), 'Bar de Nuit' (1986) ('Calamité' X 'Superstition'), 'Draco' (1988) ('Calamité' X 'Storm Center') puis 'Nuit de Chine '(1993) ('Bar De Nuit' X 'Black Flag') et 'Nuit Fauve' (1994), frère de semis du précédent. Pour revoir des iris noirs français il faudra attendre longtemps, jusqu'à 2009... Il semble que le noir ne soit pas le coloris favori des hybrideurs français. Auraient-ils perdu l'espoir d'atteindre un jour la pierre philosophale ?

Iconographie : 


'Valor' 


'Black Hills' 


'Opening Night' 


'Back in Black' 


'Here Comes the Night' 


'Nuit Fauve'

6.10.17

LES IRIS DE GLENN CORLEW

Beaucoup moins connu que Joseph Gatty ou Vernon Wood, Glenn Corlew est, comme les deux autres, un spécialiste des iris roses. L'essentiel de sa production a en effet été consacré à cette couleur tendre et si fortement appréciée. Mais en plus de cette spécialité, il a acquis une certaine célébrité avec ses photographies, et, bien entendu, ses photos d'iris. La base de données IRIS ENCYCLOPEDIA de l'AIS rassemble un certain nombre de ces images et nous allons en publier le plus grand nombre en hommage à cet homme de goût. Ce sont des diapositives qui ont un peu vieilli, elles ont pris une teinte un peu rosée, mais puisqu'il s'agit majoritairement d'iris roses, cela n'est pas désagréable. 

On remarquera que ces variétés, dont la date de naissance s'étend sur plus de 20 ans, en plus d'un fort air de famille, conservent d'un bout à l'autre une remarquable continuité d'allure. Le temps n'a pas eu de prise sur le travail de Glenn Corlew. 

VI – Sixième semaine 

'Guest Star' (1969) 'Signature' X 'Janni' 


'Infatuation' (1977)'Cherub Choir' X 'Pink Taffeta' 

'Infini' (1986) 'Spinning Wheel' X 'Crystal Ball' 


'Jubilare' (1983) 'Proclamation' X 'Lemon Mist'.

COLLECTION FRANÇAISE

Nos jardins regorgent d'iris originaires des Etats-Unis ou d'Australie ; bientôt ce sont les variétés d'Europe Orientale voire de Russie et d'Ukraine qui peupleront nos bordures. Mais je ne connais pas de jardin où dominent les variétés françaises. Pourtant ce n'est pas ce qui manque ! Et la qualité de ces iris français n'est pas absente, comme en témoigne les beaux résultats des hybrideurs de notre pays dans les compétitions européennes, à Florence à Munich ou à Vincennes (Parc Floral de Paris). Pourquoi pas se lancer dans une collection d'iris obtenus en France par nos compatriotes ? Ils sont aujourd'hui au moins dix à commercialiser leurs obtentions , il n'y a donc que l'embarras du choix !

Une collection fut-elle débutante, se doit de posséder au moins une variétés de chaque couleur et de chaque modèle. Pour se limiter nous en resterons à une vingtaine d'iris (23 exactement), récents, couvrant tout le spectre des couleurs que l'on peut trouver chez nous. Je sais, cela va faire des déçus : ceux qui ne trouveront pas au moins l'un de leurs iris dans la présente liste, mais c'est la règle du jeu ! Et il faut se souvenir de ce qu'il existe bien d'autres belles fleurs qui pourraient aussi bien être citées.

Commençons par le blanc. Je propose une variété qui a séduit les juges du concours Franciris de 2005, autant pour sa blancheur parfaite que pour ses fleurs remarquablement dessinées. Il s'agit de 'Gwennaden' (Madoré, 2001). Ce n'est pas une variété absolument récente, mais elle me paraît toujours digne de figurer dans ce florilège.

En jaune j'ai choisi 'Macao' (Laporte, 2009). Issu du croisement 'Magic Kingdom' X 'Lorenzaccio De Médicis', c'est un jaune profond aux sépales griffés de brun, ce qui lui donne du « peps ». Bernard Laporte a obtenu d'autres iris jaunes très intéressants, comme 'Féria de Nîmes' (2006) par exemple.

Du jaune, passons au brun. Pour ce coloris, j'hésite entre deux fort beaux iris : le fameux 'Lumière d'Automne' (L. Anfosso pour Eric Besse, 2009) et 'Tabac Blond' (R. Cayeux, 2006). Le premier a eu une histoire compliquée du fait qu'il n'a pas été enregistré lors de sa mise sur le marché et que ce n'est qu'à la suite d'une demande très vive des collectionneurs qu'il a reçu la consécration officielle. Le second, plus banal, est néanmoins un bel exemple du talent de Richard Cayeux.

On peut passer à l'orange ? Dans ce coloris ingrat (chez les iris, je précise) les obtenteurs bretons se distinguent nettement. Gérard Madoré d'abord puis Alain Chapelle nous ont donnés de très beaux spécimens, c'est pourquoi je choisis 'Baisers Dorés' (Chapelle, 2016), un orange intégral flamboyant, issu de 'Game Plan' X 'Leading Light'. Une réussite.

'Terre de Feu' (Cayeux, 1997) a déjà 20 ans. Cela ne lui enlève rien de sa rutilance, en cuivre rouge centré de bleu métallique ; un coloris qu'on ne rencontre pas souvent.

Dans les rouges il faut commencer par le ton magenta et dans ce cas je succombe à mon affection pour 'Mamy Framboise' (V. Fur/B. Laporte, 2004). Non seulement c'est un iris aux vives couleurs, mais c'est aussi une plante sans problème, qui pousse vite et bien.

Dans un ton plus soutenu, il faut se décider entre le « vieux » 'Rive Gauche Paris' et son cadet 'Bouschet' (Laporte 2006). 'Rive Gauche" (obtenu par Vivette Sazio en 1993) a été enregistré sous le nom de 'Rive Gauche Paris' par Laure Anfosso en 2012. Il est un peu paresseux pour se développer, mais quelle couleur ! Il se trouve au pedigree de 'Bouschet', lequel a hérité de ses riches atours, mais bénéficie d'un pousse plus rapide.

Dans la famille -nombreuse - des iris violets, je désigne 'Confiserie' (R. Cayeux, 2016). Un peu court sur patte, mais richement coloré, avec une teinte un peu rosée, très agréable. Son frère de semis 'Attirance' (2016), n'est pas mal non plus, et lui ressemble comme un jumeau !

Le mauve est une couleur délicieuse, depuis toujours associée aux iris. L'un de ses champions a été Larry Gaulter. Chez nous, l'un de ceux a qui cette couleur a le mieux réussi est Lawrence Ransom. Son 'Marie Kalfayan' (1994), avec une barbe orange qui lui donne du nerf, mérite tout à fait de figurer dans cette liste.

Le même contraste entre la barbe et le reste de la fleur se retrouve chez le bleu clair 'Princesse Caroline de Monaco' (R. Cayeux, 1997). C'est une plante qui, pour moi, a toute les qualités. Je ne suis pas seul à penser comme ça car il semble bien qu'elle a reçu un formidable accueil partout dans le monde.

Je propose un autre iris de Richard Cayeux pour illustrer le coloris bleu vif. 'Grand Amiral' (1999). Cette grande et belle fleur a fait ses preuves et semble réussir un peu partout. Descendant de deux bleus des plus appréciés, 'Memphis Blue' et 'Sapphire Hills', c'est un bel exemple d'une utilisation judicieuse de l'endogamie.

 La tulipe noire a fait s'entretuer les amateurs pendant le 18eme siècle. Aujourd'hui l'iris noir relève presque du même défi : la nature ne sait pas faire naturellement des fleurs noires. Qu'à cela ne tienne, les hybrideurs les plus réputés ont pris l'affaire à bras le corps et obtenus des fleurs qui, maintenant, parviennent presque à la perfection. Parmi les obtentions françaises récentes, j'en ai repéré deux qui ont leur place dans cet article. 'Penhir' (G. Madoré, malheureusement non enregistré ) et 'Jais Moqueur' (A. Chapelle, 2016). Mais Bernard Laporte a lui aussi eu la main heureuse avec 'Dakar' (2009), enrichi d'éperons. Finalement, dans ce coloris difficile, nous voilà avec plus de prétendants qu'il n'y a de place !

Terminons-en avec les unicolores (ou « selfs » comme disent les américains) en parlant des iris roses. Il y a pléthore ! Après bien des hésitations, j'ai retenu 'Sensuelle' (Ransom, 1999) et 'Succès Fou' (R. Cayeux, 2000). Le premier affiche une touche d'orangé, mais cela n'est pas déplaisant et, comme toutes les obtentions de Lawrence Ransom, il a une classe incomparable. Le second, contemporain du précédent, oscille entre le rose « flamant » et le rose « corail ». Une fleur délicieuse.

Nous abordons maintenant les variétés bicolores. En commençant par les nombreux amoenas bleus. Je ne sais pas me décider entre plusieurs fleurs particulièrement belles : 'Barbe Noire' (Cayeux, 2012), 'Domino Noir' (R. Cayeux, 2012), et 'Princesse Laura' (Cancade, 2014). Non seulement les fleurs, avec un contraste bien vif, répondent parfaitement aux critères définissant les amoenas, mais encore les plantes elles-mêmes, en font des indispensables au jardin d'iris.

Chez les amoenas, il y a non seulement les bleus, mais il ne faut oublier ni les roses ni les jaunes. Cependant si, pour les bleus, faire un choix n'a pas été difficile, les autres couleurs m'ont davantage compliqué la vie. Pas trop pour les amoenas roses, catégorie pour laquelle j'ai désigné 'Chateau d'Auvers / Oise' (R. Cayeux, 2003) pour ses fraîches couleurs où le blanc pur voisine avec un ton d'abricot rosé très doux, avec de belles ondulations. Mais oui pour les jaunes chez qui je n'ai pas trouvé quelque chose d'enthousiasmant. 'Infusion Tilleul' (R. Cayeux, 2013) n'est pas exactement dans les clous, 'Cadran Lunaire' (J.C. Jacob, 2012) sera plutôt rangé parmi les distallatas. Je me suis rabattu sur des variétés avoisinantes, mais fort jolies : 'Ma Véronique' (R. Cayeux, 2013), où le jaune domine, ou 'Mireille Sanne' (Boulon, 2016) où c'est le blanc qui prend le dessus ne laissant au jaune que le haut des sépales.

Et les amoenas inversés ? Ce n'est pas un sujet qui a inspiré considérablement les hybrideurs français de ces dernières années. J'ai retenu deux variétés très réussies, qui se trouvent dans ma propre collection et dont j'ai pu apprécier les qualités végétatives et l'harmonie des coloris. Il s'agit de 'Lune Bleue' (M. Bersillon, 1999) en bleu lavande sur blanc bleuté, et de 'Somni' (R. Dejoux, 2008), subtil équilibre entre des pétales d'un jaune primevère très doux et des sépales bien blancs. Je n'ai pas osé citer 'Zone d'Ombre' (Ruaud, 2012) parce que j'en suis l'obtenteur et qu'il n'a pas été commercialisé jusqu'à présent.

Du côté des iris variegatas, on ne manque de rien ! Je choisis une variété toute récentes d'un jeune hybrideur qui doit aller loin : Stéphane Boivin. Il s'est fait remarquer aux deux derniers concours Franciris et chacune de ses obtentions retient l'attention. Cette fois je mets en avant 'Aime Bay'(2015). Issu de deux « must », 'Montmartre' et 'Décadence', c'est un variegata moderne, dans les tons de beige et de violet.

On revient à une obtention de Richard Cayeux pour la catégorie des bicolores. (Nelly Tardivier, 2012) a tout pour plaire, en particulier une association de couleurs originale, bien dans la mode d'aujourd'hui. C'est une variété qu'il ne faut pas rater !

Les plicatas font partie de mes iris favoris. Le nombre infini des variations qu'ils offrent permet de ne pas obligatoirement retenir un plicata violet sur fond blanc dont on peut dire qu'ils sont proposés trop souvent. Je préfère mettre ici une fleur de la production de feu Lawrence Ransom, chic et rare : 'Ma Dulcinée ' (2015). Impeccablement coiffé, piqueté et veiné de vieux rose lilacé (comme le dit la description officielle), c'est un joyau pour le jardin. Dans un modèle rencontré souvent ces temps derniers en Amérique, 'Fleur de feu' (R. Cayeux, 2012) n'est pas mal non plus.

Peut-on passer sous silence les « broken color » ? Je ne pense pas, c'est pourquoi j'ai retenu une variété originale et qui pousse bien : 'Rose-Linda Vasquez' (2007), obtenu dans le minuscule jardinet de l'hybrideuse éponyme. Cet iris qui mélange agréablement deux tons de bleu est aussi un iris à éperons ; il allie donc deux catégories très appréciées.

Apparue au début des années 2000, la catégorie nouvelle baptisée « distallata » s'est rapidement répandue dans notre petit monde. Chacun veut avoir le sien. J'ai pensé mettre à ce catalogue l'obtention du jeune Sébastien Cancade 'Martingale' (2014) que la famille Anfosso a décrit dans son catalogue comme « Blanc chaud sur sépales violet veiné et or autour de la barbe orange, ondulé et au parfum délicat ». J'ajoute une autre version, plus « soft », signée de Jean-Claude Jacob, 'Cadran Lunaire' (2012) mais dont je ne connais pas encore les qualités horticoles.

Terminons cet inventaire par les incontournables iris bleu-blan-rouge de la Maison Cayeux. Dans la longue liste des titulaires de cette appellation, je propose 'Ruban Bleu' (J. Cayeux, 1997), dernière variété enregistrée par Jean Cayeux, et cultivar admirable en tous points.

Ainsi s'achève cette collection d'iris français, très représentative de ce que nos hybrideurs nationaux peuvent offrir. Avec ces iris-là, vous pouvez être certains de vous constituer un jardin d'iris exceptionnel. Mais ne perdez pas de vue qu'il ne s'agit que d'un échantillonnage, forcément partial. Il y a bien d'autres variétés remarquables obtenues en France pendant ces vingt dernières années !

Iconographie : 

'Gwennaden' 


'Baisers Dorés' 


'Dakar' 


'Sensuelle' 


'Mireille Sanne' 


'Lune Bleue' 


'Ruban Bleu'

29.9.17

LES IRIS DE GLENN CORLEW

Beaucoup moins connu que Joseph Gatty ou Vernon Wood, Glenn Corlew est, comme les deux autres, un spécialiste des iris roses. L'essentiel de sa production a en effet été consacré à cette couleur tendre et si fortement appréciée. Mais en plus de cette spécialité, il a acquis une certaine célébrité avec ses photographies, et, bien entendu, ses photos d'iris. La base de données IRIS ENCYCLOPEDIA de l'AIS rassemble un certain nombre de ces images et nous allons en publier le plus grand nombre en hommage à cet homme de goût. Ce sont des diapositives qui ont un peu vieilli, elles ont pris une teinte un peu rosée, mais puisqu'il s'agit majoritairement d'iris roses, cela n'est pas désagréable. 

On remarquera que ces variétés, dont la date de naissance s'étend sur plus de 20 ans, en plus d'un fort air de famille, conservent d'un bout à l'autre une remarquable continuité d'allure. Le temps n'a pas eu de prise sur le travail de Glenn Corlew. 

V – Cinquième semaine 

'El Grandee' (1974) ( 'Soaring Kite' x 'Signature') X 'Tralee' 


'Folklore' (1973) 'Cherub Choir' X 'Christie Anne' 


'Fortune Teller' (1986) 'Roundup' X 'Crystal Ball' 


'Grand Romance' (1969) 'Signature' X 'Silvertone

QUINZE GRANDS IRIS POUR UN DÉBUTANT

QUINZE GRANDS IRIS POUR UN DÉBUTANT 
Par Bryce Williamson 
 
Bryce Williamson est un hybrideur américain très connu, qui a obtenu la Médaille de Dykes en 1989 pour son iris plicata 'Jesse's Song' (voir ci-dessous). Publié dans « World of Irises », le blog de l'AIS, ce texte n'est pas seulement destiné aux débutants américains puisque toutes les variétés qu'il présente sont disponibles sur le marché français.

En italique le texte américain, en lettres droites la traduction en français que j'en ai faite.

It is exciting to go to an iris show or an iris garden, view all the lovely flowers, and then decide to add modern varieties to the garden. Like most things there is a “however” attached. And for the new-to-iris gardener the “however” is what to acquire. The issue is further complicated by new iris varieties selling for large sums of money. Thinking about this problem, I came up with a list of 15 Tall Bearded irises that have proven their worth over time and are reasonably priced. While the list, presented in alphabetical order, is not perfect, it is a starting point for an iris collection. 

C'est un plaisir d'aller dans une fête des plantes ou dans un jardin d'iris, de voir toute ces jolies fleurs, puis de décider d'ajouter des variétés modernes dans notre propre jardin. Comme pour chaque chose il y a cependant un « mais ». Et pour le nouvel amateur d'iris ce « mais » c'est « quelles variétés acheter ? » La solution se trouve nettement compliquée parce que l'achat de nouvelles variétés d'iris représente des sommes importantes. En pensant à ce problème, j'ai dressé une liste de 15 grands iris qui ont prouvé leur valeur dans la durée et sont d'un prix raisonnable. Cette liste, présentée dans l'ordre alphabétique, n'est pas parfaite, mais c'est un point de départ pour une collection d'iris.

‘Absolute Treasure’ (Tasco, 2006). 
 One of the huge reasons for growing irises is that they provide great blues and violets in a garden, color rarely seen in other flower families. This wonderful light blue approaches true blue; it is an award winner with an Award of Merit in 2010 and a Wister Medal in 2013. What I like most about Absolute Treasure is whether I see it on a one year planting, or in multi-year clumps, this variety produces tall, well branched stalks that hold up the large, ruffled flowers without needing to be staked. 
 L'une des meilleures raisons de cultiver des iris est qu'ils apportent au jardin une touche de bleu et du violet remarquable, couleurs qui sont rarement vues dans les autres familles de fleurs. Ce magnifique bleu clair est proche du vrai bleu ; il a été plusieurs fois distingué, notamment avec un Award of Merit en 2010 et la Wister Medal en 2013. Ce que je préfère chez 'Absolute Treasure' c'est que, qu'on le voie au bout d'un an de plantation ou sur une touffe vieille de plusieurs années, il produit des tiges élevées, bien branchées , qui exhibent des fleurs grandes et ondulées sans qu'il soit besoin de les tuteurer.

 ‘Arctic Express’ (Gatty, 96).
Joe Gatty produced so many lovely irises and had such a great eye for form. It is no surprise, then, that Arctic Express is noted for its deep ruffling. An American Iris Society Award of Merit winner in 2000, this is the gold standard for current whites. I am a strong believer of the importance of white flowers in the garden; an older variety that has also been proven to be time tested is “Carriage Trade” (Gaulter, 1977). 
Joe Gatty à obtenu beaucoup d'iris adorables et avait un coup d’œil infaillible pour juger de la forme. Ce n'est pas une surprise donc que 'Arctic Express' soit renommé pour le richesse de ses ondulations. Récompensé d'un Award of Merit en 2000, c'est le parfait modèle des iris blancs actuels. Je crois beaucoup à l'importance des fleurs blanches dans un jardin ; en ce sens une variétés plus ancienne, qui a démontré sa valeur, est 'Carriage Trade' (Gaulter, 1977).

 ‘Decadence’ (Blyth, 2001). 
An iris creation from Australia that is noted for being loud, brassy, and ever so colorful. Visitors to a garden always are immediately drawn to this variety with its large, laced flowers. This is not one of those varieties that you have to be a connoisseur to identify—it attracts attention to itself and it is a one of a kind. Decadence won an Award of Merit and the Wister Medal. This bright and ever so colorful iris will become an instant favorite. 
 Créé en Australie, c'est un iris qui est apprécié pour son côté voyant, lumineux et riche en couleur. Ceux qui visitent un jardin sont toujours immédiatement attirés par cette variété aux grosses fleurs découpées. Il n'est pas nécessaire d'être un connaisseur pour identifier cette variété : elle attire immédiatement l'attention et est seule de son espèce. 'Décadence' a remporté un Award of Merit ainsi que la Wister Medal. Cet iris brillant et richement coloré devient un favori en un instant.

 ‘Dusky Challenger’ (Schreiner 1986). 
I first saw Dusky Challenger as a seedling in Oregon where it was attracting attention. With good form and superior branching, it made a climb up the American Iris Society award—Award of Merit in and Dykes Medal in 1992. To burnish its luster, Dusky Challenger has occupied the top position on the AIS Popularity Poll for years; it was quickly voted into the Tall Bearded Iris Society’s Hall of Fame.
 J'ai vu 'Dusky Challenger' pour la première fois, en Oregon, alors qu'il n'était encore qu'un semis ; et il attirait l'attention. Avec sa forme parfaite et son branchement supérieur il a rapidement grimpé dans l'échelle des valeurs de l'American Iris Society avec un Award of Merit et la Médaille de Dykes en 1992. Pour combler sa réussite, 'Dusky Challenger' a occupé la première place du Concours de Popularité de l'AIS pendant des années ; Il a très vite été placé au Panthéon de la Tall Bearded Iris Society.

‘Golden Panther’ (Tasco, 2000).
 When I first grew this iris, I thought it was only OK, but it was also growing in the shadow of a huge pine tree. Moved to a better location, it has thrived. An Award of Merit winner in 2004, Wister Medal in 2006 and the Dykes Medal in 2009, I do find that its color varies from garden to garden and season to season. Sometimes it is clearly a gold and other years it is much more bronze. In either case, it is a bright beacon in the yard with easy growth habits. 
 Quand j'ai commencé avec cet iris, j'ai pensé qu'il était simplement bien, mais il était planté à l'ombre d'un gros pin. Déplacé vers un meilleur emplacement il a considérablement prospéré. Il a remporté un Award of Merit en 2004, la Wister Medal en 2006 et la Dykes Medal en 2009. J'ai remarqué que sa couleur variait de jardin en jardin et de saison en saison. Quelque fois il est franchement doré, mais d'autres années il est beaucoup plus bronze. Quoi qu'il en soit c'est un brillant point de repaire dans le jardin et il se développe facilement.

 ‘Happenstance’ (Keppel 2000). 
When putting together a list of irises for the beginning gardener, I knew that I would want to have a pink on the list. At the time of its introduction this iris received good press and was well liked—an Award of Merit in 2004 and a Wister Medal in 2006. Ten years later it is still very popular due to its strong stalks, good growth habits, and ability to bloom in many areas of the country. Too often pinks are not the best of garden plants.
Quand j'ai voulu établir une liste d'iris pour les débutants, je me suis dit qu'il me fallait un rose dans cette liste. Au moment de son introduction sur le marché celui-ci a reçu un bon accueil et a tout de suite été apprécié. Il a obtenu un Award of Merit en 2004 et la Wister Medal en 2006. Dix ans plus tard il est toujours aussi populaire grâce à ses tiges solides , son bon comportement et son aptitude à fleurir partout. Trop souvent les roses ne sont pas les meilleures plantes de jardin.

 'Jesse’s Song' (Williamson, 1983).
Not the boldest colored plicata in the world, but time has shown this variety to be a great garden iris. Winning an Award of Merit and then a Dykes Medal in 1989, Jesse’s Song has been a hit in the garden and at iris shows. Last year it was in second place on the American Iris Society’s Popularity Poll and it tied for the most Queen of the Show awards in the US. One of the first irises voted into the Tall Bearded Iris Society Hall of Fame, Jesse’s Songs likes to grow and bloom in all parts of the country. 
Ce n'est pas le plicata aux couleurs les plus solides au monde, mais le temps a montré que cette variété était un grand iris de jardin. Il a obtenu un Award of Merit puis la Dykes Medal en 1989. 'Jesse's Song' a été un champion aussi bien dans les jardins que dans les compétitions auxquelles il a été inscrit. L'année dernière il était numéro deux dans la liste du Concours de Popularité de l'AIS et à égalité dans le classement américain des Reines des Expos. Cela a été l'un des premiers iris entrés au Panthéon de la TBIS. 'Jesses' Song' pousse et fleurit bien dans tous les coins du pays.

 'Lady Friend' (Ghio, 1981). 
When it was introduced, Lady Friend did get some attention, winning an Award of Merit in 1985; however, while many of the other Award of Merit winners from that year have disappeared from gardens, Lady Friend is still widely grown and continues to be on the AIS Popularity Poll. The main reason is that it is a variety that grows and blooms with ease; secondary reason is that it is one of those unique colors. For those reasons, it is widely grown and appreciated. 
Quand il a été mis sur le marché, 'Lady Friend' a retenu l'attention, enlevant un Award of Merit en 1985 ; mais tandis que bien d'autres variétés récompensées d'un AM cette année-là ont disparu de nos jardins, 'Lady Friend' est toujours largement cultivé et figure toujours dans la liste du Concours de Popularité de l'AIS. La raison majeure est que c'est une variété qui pousse et fleurit facilement ; la seconde raison se situe dans son coloris unique. C'est pour cela qu'il est toujours largement répandu et apprécié.

 'Ozark Rebounder' (Nicodemus, 2003). 
 I was searching for a dark-to-black iris for this list and this became my selection for three reasons. First, Ozark Rebounder has good form in the dark violet to near black color range; second, it grows well around the country; and the third reason is that it reblooms. With reasonable garden culture, it will bloom again in the fall, providing a splash of color. An Award of Merit winner. 
 Je cherchais un iris « noir » pour mettre dans cette liste et il y a trois raisons pour lesquelles j'ai choisi celui-là. Primo, 'Ozark Rebounder' a une bonne forme dans la catégorie des iris violet sombre tirant sur le noir ; secondo il pousse bien un peu partout ; et tertio il remonte. Dans des conditions normales de culture, il remontera en automne, offrant une tache de couleur. Il a obtenu un Award of Merit.

 'Persian Berry' (Gaulter, 1977). 
 Larry Gaulter is in my opinion one of the underrated hybridizers with four wonderful, still grown, creations to his credit—Laurie, Mary Frances, Carriage Trade, and Persian Berry. And Persian Berry, winner of an Award of Merit, is one of those unique varieties—it has never been improved upon. With its lovely color and its distinctive shoulders, it is easy to spot this variety from a far. A home about 3 miles from me has a clump in the front yard and once it blooms, even from a distance, I can spot it. Very distinctive.
 Larry Gaulter fait à mon avis partie des hybrideurs sous-estimés, avec à son crédit quatre créations splendides encore cultivées : 'Laurie', 'Mary Frances', 'Carriage Trade' et 'Persian Berry'. Et 'Persian Berry', qui a gagné un Award of Merit, est l'une des ces variétés uniques qui n'ont jamais été surpassées. Avec son coloris délicieux et ses épaules reconnaissables, on peut facilement le remarquer de loin. A environ quatre kilomètres de chez moi il y a une touffe devant une maison et quand elle est fleurie, même de loin je peux la repérer. Tout à fait remarquable.

‘Queen in Calico’ (Gibson, 1980). 
Another Award of Merit winner, this “pink” plicata ranks high in that color class. Still lovely these many years after its introduction, I been told that in some climates it may not perform at its best. I recommend talking to a local iris grower or your local club before buying this one, but if it will grow and bloom for you, you will be more than happy. 
 Encore un qui a gagné un Award of Merit. C'et un plicata « rose » qui tient une place élevée dans cette classe de couleur. Toujours aussi charmant de longues années après sa mise sur le marché. J'ai entendu dire qu'il ne se comportait pas très bien sous certains climats. Je recommande de se renseigner localement, avant d'en faire l'acquisition, mais si il pousse et fleurit bien par chez vous, vous serez plus que content.

 ‘Queen’s Circle’ (Kerr, 2000). 
 The Emma Cook pattern had been around for years, but Fred Kerr took that pattern to new heights in this wonderful creation. I consider this one of the best Dykes Medal winning irises in recent years. With lovely, large, ruffled flowers, fine branching and bud count, the plants grow and bloom all around the country regardless of climate. No wonder it won a Wister Medal in 2006 before winning the Dykes in 2007. 
 Le modèle « Emma Cook » est connu depuis des années, mais Fred Kerr l'a porté à un niveau supérieur avec cette création. Je considère que c'est le meilleur vainqueur de la Dykes Medal de ces dernières années. Avec de charmantes grandes fleurs ondulées, un bon branchement et de nombreux boutons, cette plante pousse et fleurit partout sans tenir compte du climat. Pas étonnant qu'elle ait obtenu la Wister Medal en 2006 avant la Dykes en 2007.

 ‘Stairway to Heaven’ (Lauer, 1993). 
 Softly colored, but there is nothing soft about the stalks and plants. A Dykes winner in 2000, Stairway to Heaven grows and blooms with ease, making large clumps in no time. Branching and bud count are also good as this dependable and easy to please garden iris. Popular in all areas, this has been voted into the Tall Bearded Iris Society’s Hall of Fame.
Les couleurs en sont douces, mais il n'y a rien de faible dans les tiges et les plantes. Vainqueur de la Dykes Medal en 2000, 'Stairway to Heaven' se développe et fleurit facilement, constituant de grosses touffes en un rien de temps. Le branchement et le nombre de boutons sont également bons chez cet iris fiable et bien propre à agrémenter un jardin. Populaire dans toutes les régions, il est entré au Panthéon de la TBIS.

 ‘That’s All Folks’ (Maryott, 2005). 
 Bill Maryott’s last iris introduction before he transformed himself into a daylily hybridizer and the last one was the one that swept the awards. Winning a Wister Medal in 2011 and the Dykes in 2013, That’s All Folks is noted for strong growth, ramrod straight stalks, and huge, colorful flowers. I am a firm believer in yellows in the garden since they bring a shaft of sunlight even on inclement days. These eye catching flowers will attract attention in the garden. 
C'est la dernière introduction de Bill Maryott avant que celui-ci ne se transforme en hybrideur d'hémérocalles, et ce petit dernier est aussi celui qui a rafflé les récompenses : la Wister Medal en 2011 et la Dykes en 2013. 'That's All Folks est réputé pour sa force de pousse, ses tiges droites comme des i et ses grosses fleurs vivement colorées. Je crois fermement dans les iris jaunes au jardin parce qu'ils y apportent un rayon de soleil, même par les journées les moins clémentes. Ces fleurs qui tirent l'oeil fixeront l'attention dans le jardin.

‘Thornbird’ (Byers, 1989). 
Lloyd Austin, with his Space Age irises, changed flower form, but it was Monty Byers who stormed the American Iris Society and ended winning three Dykes Medals with Space Age varieties. Thornbird won an Award of Merit in 1993 and the Dykes in 1997. It is also a Tall Bearded Iris Society Hall of Fame iris. It is one of those varieties that the colors can vary widely from area to area and climate to climate, but it is always a garden favorite.
Lloyd Austin, avec ses iris « space age », a changé la forme des fleurs, mais c'est Monty Byers qui a révolutionné l'American Iris Society et a fini par gagner trois Dykes Medal avec des variétés « space age ». 'Thornbird' a eu un Award of Merit en 1993 et la Dykes en 1997. Il est aussi entré au Panthéon de la TBIS. C'est une de ces variétés dont les couleurs peuvent énormément varier d'un lieu à un autre ou d'un climat à un autre, mais c'est toujours un favori au jardin.

 Iconographie : 

'Arctic Express' 


'Jesse's Song' 


'Lady Friend' 


'Persian Berry'

22.9.17

ECHOS DU MONDE DES IRIS

Le concours de Munich 2017 

Les résultats du concours de Munich 2017 viennent d'être publiés :

Après trois années de culture (plantation 2014) 

1 – semis 30-09-TD (Tiziano Dotto)
2 – 'Charmanda' (Klaus Burkhardt, 2014)
3 – semis MB 14-10 (Manfred Beer)

Les 39 variétés en compétition sont toutes des obtentions d'hybrideurs italiens, allemands et d'Europe de l'Est (Pologne, Slovaquie, Ukraine). 

Après deux années de culture (plantation 2015) 

1 – semis 73-08-12-2 (Günter Diedrich)
2 – semis KB 76 (Klaus Burkhardt)
3 – 'Cigarillo' (Richard Cayeux, 2014)

49 variétés en compétition, avec une participation plus diverses puisque les français Cayeux et Bersillon, et l'américain Schreiner figurent dans la liste. 

Guère de photos disponibles !


LES IRIS DE GLENN CORLEW

Beaucoup moins connu que Joseph Gatty ou Vernon Wood, Glenn Corlew est, comme les deux autres, un spécialiste des iris roses. L'essentiel de sa production a en effet été consacré à cette couleur tendre et si fortement appréciée. Mais en plus de cette spécialité, il a acquis une certaine célébrité avec ses photographies, et, bien entendu, ses photos d'iris. La base de données IRIS ENCYCLOPEDIA de l'AIS rassemble un certain nombre de ces images et nous allons en publier le plus grand nombre en hommage à cet homme de goût. Ce sont des diapositives qui ont un peu vieilli, elles ont pris une teinte un peu rosée, mais puisqu'il s'agit majoritairement d'iris roses, cela n'est pas désagréable. 

On remarquera que ces variétés, dont la date de naissance s'étend sur plus de 20 ans, en plus d'un fort air de famille, conservent d'un bout à l'autre une remarquable continuité d'allure. Le temps n'a pas eu de prise sur le travail de Glenn Corlew. 

IV – Quatrième semaine

'Cornerstone' (1974) 'Kimzey' X 'Signature' 


'Country Fair' (1965) 'Frilly Fringes' X ( 'Party Dress' x 'Native Dancer') 


'Crystal Ball' (1974) 'Portrait' X 'Foggy Dew' 


'Date Book' (1974) 'Kimzey' X ( 'Signature' x 'Flaming Heart')